2015-06-21

La divergence du futur, compte rendu de Jean Carette


Hervé Fischer. La divergence du futur



Hervé Fischer
La divergence du futurVLB éditeur, 2015, 237 pages
Dans le paysage souvent étiolé des intellectuels québécois, Hervé Fischer est un personnage hors du commun et un créateur original. Avec La divergence du futur, il publie chez VLB un essai percutant qui a le grand et rare mérite de donner de quoi penser.
Hervé Fischer fait partie des philosophes qui ont le bel avantage d’éclairer les bouleversements sociaux et culturels que nous vivons aujourd’hui et de nous dessiner un avenir possible. Depuis ses débuts, l’humanité réalise des progrès et des gains, par sauts qualitatifs et révolutions néguentropiques, entre deux reculs ou catastrophes. Alors que nous pourrions être tentés par un pessimisme largement répandu, Hervé Fischer aborde ce qu’il appelle le « choc du numérique » comme une crise majeure, mais positive, qui nous oblige à choisir entre le pire et le meilleur. Le temps présent est celui de l’écartèlement entre les risques de l’aliénation finale et les chances de libération à saisir, après les avoir analysées, en avoir débattu et les avoir traduites en saines politiques de développement collectif. Le monde change, à haute vitesse, et nous pourrions y trouver les occasions d’y mieux vivre et d’y mieux être :
Le passage de l’âge du feu à l’âge du numérique demeure ambivalent, en ce sens que le progrès qu’il nous fait espérer dépendra de l’usage que nous ferons de sa présence.
Entre la fin du monde annoncée et le commencement d’un nouveau monde à faire, Hervé Fischer nous conjure de choisir la voie des changements urgents et nécessaires pour survivre et renaître, d’une génération aux suivantes. Notre vaillant philosophe n’hésite pas à nous concevoir au futur comme des dieux ayant accompli une mutation aussi décisive que nécessaire : nous serons enfin passés des passions primitives des dieux de la Grèce antique, animés par des instincts de base, Eros et Thanatos, bien sûr, auxquels Fischer ajoute Prométhée, aux dieux accomplis et enfin parachevés qui honoreront la nature et la justice. Cette chance renouvelée n’est pas automatique; elle est ici pensée comme une perspective éthique globale. Le monde à venir d’Hervé Fischer est présenté et proposé comme un projet, sans cesse fait et à refaire, d’une divergence à l’autre, à discerner. Ce qui est ici esquissé relève du libre pari et de nos volontés collectives bien orientées vers les traitements collectifs adéquats.
Hervé Fischer se pose en philosophe essayiste qui documente et argumente, démontre et fait penser, et témoigne activement pour que la raison ait raison. Mais, il est aussi un artiste créateur et son livre est un levier majeur pour réveiller notre propre créativité, une invitation pressante et enjouée à l’innovation à la fois mentale et poétique. Ce n’est pas un hasard si sa thèse de sociologie traitait des couleurs : Hervé Fischer est un impressionniste qu’il faut prendre au sérieux.
Nous appelons couramment prophètes ces sorciers populaires qui anticipent et prédisent les temps à venir; alors qu’ils sont plutôt des agents sociaux critiques qui parlent au nom des opprimés pour les remettre à l’avant de l’histoire, vers une justice à conquérir de haute lutte et une éthique à reconstruire, non à restaurer, mais à inventer. J’ose dire que la lecture attentive et fidèle des œuvres de Fischer, plus quelques entrevues mémorables en radio ou en studio, m’ont convaincu que nous avons ici affaire avec un prophète de la postmodernité heureuse. À lire, absolument.
Jean Carette
Professeur retraité de l’UQAM

2015-06-12

il n'y a rien qui vieillisse plus vite que le numérique



                                   



Il n'y a rien qui vieillisse plus vite que le futur. C'est évident en tout et en particulier pour les innovations numériques, à un rythme qui paraît souvent infernal, poussé par la logique techno-commerciale du marché. 

Il n'y a rien qui vieillisse plus vite que le progrès technologique. Rien, au contraire, qui se concrétise plus lentement que le progrès humain.

2015-05-28

La clocherie numérique de la smartchurch



Avec un téléphone intelligent, avec un laptop, on se croirait à la messe. Sonneries rituelles et régulières pour nous annoncer l'entrée d'un courriel ou d'un texto comme si c'était le saint-esprit qui se manifestait ou lors de l'élévation à la messe qui nous convoque. On lève les yeux au ciel, on baisse la tête, mais on reste assis. Et on est prêt pour recevoir le message de l'ange Saint-Michel. Clocherie numérique: ainsi se manifeste à nous la divine présence. Ne parlons plus du désenchantement du monde : Le numérique l'a réenchanté religieusement. Nous sommes ses fidèles paroissiens, toujours fidèles à l'office, sauf lorsque nous nous endormons du sommeil du juste. Mais au réveil, le numérique nous appelle avant même le café pour nous remettre en communication avec l'église intelligente: la smartchurch où flottent nos âmes en état de grâce.
Je crois en toi, Numérique tout puissant, Intelligence suprême à laquelle rien n'échappe, SmartGod qui règne sur le ciel comme sur la terre et pour toujours.

2015-05-27

A Skype Family


Un fils à Beijing, un autre à Los Angeles, le troisième à Hong Kong, et moi-même à Montréal : c'est ce qu'on peut appeler une famille Skype. Le cas est de plus en plus ordinaire. Mais sans Skype, ce serai une famille dispersée en perte de communication. Skype permet l'échange en temps réel, intime, direct, comme autour d'une table de famille avec les enfants et les petits enfants, un jour d"anniversaire, un matin de cadeaux de Noël, mais aussi sans autre événement particulier. Restent les décalages horaires, à prendre en compte pour ne pas déranger à contre-temps ou demeurer sans réponse.
Voilà bien une technologie de notre temps planétaire, de notre temps planétaire familial devrais-je même dire, une magie incroyable qui devient une quasi-banalité. Il faut savoir encore s'en étonner. Elle donne une précieuse intensité aux rapports familiaux. Une technosentimentalité qu'il faut savoir célébrer. Qui aurait dit qu'un code bianire pourrait intervenir si directement, si intimement dans nos vies?

2015-04-25

Transparence numérique?

Une société transparente ? acrylique sur toile, 91 x 91 cm, 2015

Quelle société numérique ? Transparente?
What kind of digital society?  Transparent?
Was für eine digitale Gesellschatf? Durchsichtig?
¿Qué tipo de sociedad digital? ¿Transparente?
我们想要什么类型的数字社会方面 陽光. 布面油画91 x 91 cm
数字美

2015-04-20

Une société numérique sera-t-elle planétaire?



Une société planétaire, acrylique sur toile, 91 x 91 cm, 2015-04-14

Quelle société numérique voulons-nous ? Planétaire ?
What kind of digital society do we want?  Planetary?
Was für eine digitale Gesellschatf wünschen wir? Planetarisch?
Que tipo de sociedad digital deseamos? Mundial?
我们想要什么类型的数字社会?一个全球社会. 布面油画,91 x 91 cm
数字美术






2015-04-13

Conscience augmentée et hyperhumanisme à l'âge du numérique

À l’occasion du 10e anniversaire de l’AHQ
Au Centre humaniste du Québec,
1225 boulevard St-Joseph Est, Montréal
le samedi 6 juin 2015 à 13 h
(admission : $ 15.00 ($10 pour les membres), ouvert au public)
Conférenciers :
Daniel Baril, anthropologue : La religion, ou l’usurpation de l’humanisme
Cyrille Barrette, biologiste : La vraie nature de la bête humaine
Claude Braun, neuroscientifique : Écologie et humanisme
Hervé Fischer, philosophe :Conscience augmentée et hyper humanisme à l’âge du numérique 
Marc Harvey, architecte : Une inflation humaniste à l’origine de l’humanité
Rodrigue Tremblay, économiste : Les excès de la mondialisation économique, commerciale et financière

2015-04-09

Urgence numérique - Urgencia digital

#Tweetphilosophie: un code QR qui se scanne ainsi, à diffuser: Si nous ne croyons pas en l'être humain, il n'y a pas de solution.
#Funglode: Si no creemos en el ser humanono, no hay solucion!

2015-03-26

L'homme numérique


Variations 2000-2014

Je suis un autre avait déjà affirmé Rimbaud, un autre qui m'échappe, car je n'ai aucune conscience de mon être en soi, mais je me vois comme un autre parmi les autres qui m'identifient. Je me regarde être, en dehors de moi, qui est là - Da-seinêtre là, disait Heidegger -  me projetant dans le monde, jadis analogique, aujourd'hui numérique. Et mon image change avec les époques du miroir social