2010-02-20

L'Anthropocène numérique


L'Anthropocène est cette période de l'évolution terrestre caractérisée par la signature humaine. Le terme a été proposé par Andrew Revkin en 1992, puis repris et institué par Paul Crutzen et Eugene Stroemer en 2000. Il signifie que depuis le XIXe siècle, les humains marquent davantage la transformation de notre planète que la nature elle-même, notamment que la géologie. L'Anthropocène succède à l'Holocène, la quatrième et dernière époque du Néogène, l'un des nombreux Interglaciaires du Quaternaire. L'Holocène correspond à l'avènement du Mésolithique, du Néolithique et des cultures ultérieures. C'est le début de l'expansion rapide de l'espèce humaine.
L'Anthropocène n'est manifestement pas une période très nouvelle du point de vue géologique et climatique - ce qui est certain, mais pas nouveau, car notre planète a déjà connu des bouleversements climatiques majeurs. C'est désormais le choc du numérique qui signe le plus en plus profondément notre empreinte humaine sur le globe terrestre.

Le passage de l'énergie à l'information

Et il s'agit désormais moins de géologie ou de réchauffement climatique, ou de hausse du niveau de la mer, que d'une signature cérébrale, technoscientifique. Le numérique acquiet à un rythme exponentiel un pouvoir instrumental d'interprétation et de transformation de la Terre, qui est totalement inédit. Nous sommes passé de la chasse et de la cueillete à l'agro-industriel, de l'exploitation des ressources naturelles à la modélisation numérique, du naturel à l'artificiel, de l'adaptation à la divergence. L'empreinte n'est plus physique, mais mentale. Nous nous rendons réellement, selon l'expression si connue de Descartes, "maîtres et possesseurs" de la nature. C'est là véritablement une révolution copernicienne, la plus importante de notre évolution récente.
CyberProméthée '**)n'est plus seulement notre demi-dieu grec qui a volé le feu à Zeus pour le donner aux hommes et rivaliser avec les dieux. Sa victoire actuelle - et tous les dangers que nopus encourons avec elle - est celle du numérique; non plus celle de l'énergie - qui demeure primitive et incapable de discrimination - mais de la puissance du savoir. Voilà un changement radical de posture. Nous ne nous contentons plus de maîtriser la puissance de l'éclair. Nous repensons Zeus. Nous repensons notre cosmogonie, nous la transformons non plus à l'image de Dieu, mais à notre image. C'est en ce sens que j'ai écrit: Nous serons des dieux (***). L'anthropocène ne légitime vraiment l'audace de son nom que depuis qu'il est devenu numérique.Voilà le constat nouveau qui n'avait pas encore été admis par les anthropologues.

Une éthique planétaire

Mais il faut penser pls loin. Le paradoxe, c'est que cette technologie que nous avons inventée et que nous développons tous les jours selon un rythme effreiné,n'est plus une technologie comme les précédentes. Elle est basée sur un code binaire trivial, et qui pourtant implique aussi une révolution encore plus cérébrale, une mutation éthique de l'être humain, afin que nous soyons capables d'assumer raisonnablement notre nouveau pouvoir exorbitant sans nous détruire nous-mêmes et avec nous la planète. Cette technologien nmérique exige une responsqbilité numérique, celle de l'hyperhumanisme. Pour que l'anthropocène numérique ne soit pas la dernière période de notre évolution terrestre, il va falloir que notre cerveau se transforme. La technologie nous oblige à instaurer une éthique à proprement parler planétaire.
Hervé Fischer
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(*)Andrew REVKIN, Global Warming : Understanding the Forecast, American Museum of Natural History, Environmental Defense Fund, New York, Abbeville Press, 1992.
Paul CRUTZEN et Eugene F. STOERMER, “The ‘Anthropocene’“, Global Change. IGBP Newsletter, 2000.
(**) CyberProméthée, vlb, Montréal, 2002.
(***) Nous serons des dieux, vlb, 2006.

1 commentaire:

lesdiplomates a dit...

UNIVERSALITÉ 2.0
Notre époque fait énormément de progrès...
dans la peur du changement ;)

Les DIPLOMATES constatent que le besoin d'une éthique universelle est criante face à l'assault sans paraeil des pétro-créationistes et corpo-suprémacistes.

Manisfeste pour une éthique économique planétaire
http://www.weltethos.org/dat_fra/indx_3fr.htm
Déclaration universelle des obligations de la personne
http://www.weltethos.org/dat_fra/indx_5-02fr.htm
Charte de la Compassion
http://charterforcompassion.org/

Les DIPLOMATES considèrent que cet investissement moral dans ce dénominateur commun de l’humanité élèverait la race humaine au-dessus de velléités des guerres de religions et devrait servir de base au développement économique de toute civilisation digne de ce nom.

Les DIPLOMATES
http://www.lesdiplomates1984.com/