2011-06-28

2011-06-27

Pilules pour les médias sociaux




Attention aux effets secondaires, qui peuvent être graves chez certains patients! Créent une dépendance. A prendre avec modération.

2011-06-26

digital mailart


Again, with internet, we may activate the tradition of mail art of the 70'. Using daily blogs, emails, and now with Twitter, it is a tentation to send small art pieces, philosophical statements and questions to a large audience, in just one click, 7/24, for free! The technology is fast, powerfull. You don't even need to go to the postoffice. Digital Correspondance art in the style of Ray Johnson and Fluxus.

2011-06-25

art postal numérique


Reprenant la pratique de l'art par correspondance, le mail art, l'art postal, l'arte correo, selon les dénominations que nous lui donnions dans les années 1970, dans les pas du mouvement Fluxus, de Ray Johnson, j'ai pris l'habitude de faire des envois postaux par les réseaux numériques depuis quelques mois.
Cela a commencé avec Twitter. Je twitte quotidiennement, en 140 caractères, mais surtout je twitte en images: le tweet art. Ce sont de petites icônes faites par ordinateur ou reprenant mes peintures acryliques des dix dernières années que j'ai numérisées.
Je recours aussi quotidiennement à sept blogues, dédiés à la mythanalyse, l'hyperhumanisme, le numérique, l'éconumérique, l'économie, l'avenir de l'art, le tweet art, chacun illustré.
Enfin, j'envoie chaque semaine, le plus souvent le vendredi, mais je fais des exceptions en fonction de mes voyages et disponibilités, un courriel bref, constitué d'une image et d'un texte. Devrait-on l'appeler le email art, l'art par courriel? Dans tous les cas, merci à la "poste numérique".
Les thèmes varient entre les questions d'art, de philosophie et d'actualité.
Même lorsque Poste Canada est en grève, comme cette semaine, je suis régulièrement au rendez-vous de ce nouvel art postal, ce web art postal, cet art de l'envoi numérique. Le numérique est une invite à reprendre cette tradition que j'avais célébrée dans ce livre: "Art et communication marginale", édition Balland, Paris, 1974. Plus besoin de copier les adresses sur des enveloppes, de courir à la poste et de payer les timbres. Ce service 24/7, comme on dit, disponible 24 heures tous les jours de la semaine, gratuit et immédiat, est une pure merveille. Il faut que la qualité des envois soient à la hauteur pour ne pas lasser les destinataires et ne pas tomber dans le spam. Je n'ai eu, à ce jour, qu'une seule demande de désabonnement, d'un cadre d'une grande banque. C'est bon signe quant à l'esprit critique que j'y cultive.

2011-06-24

L'âge du numérique a mis fin au postmodernisme


Tant d'espérances nouvelles, voire ingénues, ont surgi avec l'émergence de l'âge du numérique, qu'elles ont balayé sous le tapis le pessimisme, le désabusement, le cynisme triomphants de l'idéologie postmoderne. On a recommencé à croire à la technoscience, alors que le rationalisme était discrédité. Les grands récits fondateurs des religions, qui étaient décrédibilisés, ont laissé place à une nouvelle foi et à de nouvelles utopies, inspirés cette fois des idées d'intelligence collective, de communication planétaire. Même l'économie a repris du souffle, non seulement grâce à des taux plus élevés de productivité, à une longue période sans crise, mais aussi grâce à des emballements d'anges investisseurs, à l'apparition de nouvelles fortunes d'entrepreneurs numériques, d'une ferveur pour l'économie imaginaire, jusqu'à susciter des bulles spéculatives et des catastrophes financières.
Le temps de la postmodernité, qui fut important, légitime, radical, mais bref (environ vingt-cinq ans), est terminé. Nous ne croyons peut-être plus autant qu'avant au rationalisme, mais nous avons foi dans les ordinateurs!

2011-06-22

La vie numérique en rose


Rose euphorique, rose sentimental, rose érotique, rose pornographique. La vie irréelle en couleurs bonbon, kitsch crème glacée.

2011-06-21

2011-06-20

Hyperweb


Nous avons tous des cookies dans nos disques durs, qui permettent non seulement d'afficher rapidement les sites web que nous voulons consulter, mais qui constituent aussi des nanorobots espions dans notre maison et informent leurs répondants de nos activités.
Nous sommes aussi tous hypertagués - c'està-dire indexés - par Google et autres moteurs de recherche ou médias sociaux, qui prétendent nous faciliter la vie et les communications, mais qui constituent des archives constamment actualisées de nos navigations et centres d'intérêts. C'est ainsi que nous alimentons nous-mêmes sans trop y penser des banques de données personnelles, voire intimes sur notre profil psychologique, nos habitudes de consommation, etc. Et lorsque nous utilisons les services de courriel de Microsoft, Google, etc., ce sont nos propres courriels qui sont tagués, indexés et que les moteurs de recherche nous retrouvent en un dixième de seconde. Google nous offre même de jouer au moteur de recherche sur notre propre disque dur!
Bien sûr, c'est pour nous rendre service; ce ne sont que des robots qui font le travail, anonymement; et si nous en sommes conscients, nous pouvons désactiver facilement ces fonctionnalités. Mais nous oublions de le faire. Lorsque nous effaçons nos cookies et notre historique de navigation, nous ne savons pas si les moteurs de recherche le font aussi. Et nous recommençons le jour même à accumuler les données et à reconstituer nos tags.
Certains se résignent à cette transparence qui semble inévitable et finalement peu dangereuse. Mais nous savons que les effets peuvent en devenir pervers si ces banques de données passent entre de mauvaises mains, celles de criminels, de prédateurs, ou simplement de commerçants avides de marketing ciblé, voire de la police. Bien sûr, nous comptons sur la police pour nous protéger aussi longtemps que nous ne sommes pas dans une dictature. Et elle est sous-équipée pour nous protéger des harcèlements, vols d'identité, violations de notre vie privée et fraudes en tout genre.
La STASI n'existe plus. Mais il en existe certainement encore des centaines de petites imitations étatiques, que les outils numériques rendent invisiblement très efficaces.
Lorsqu'on rêve de démocraties numériques, on devrait aussi cauchemarder en pensant à la généralisation insidieuse de l'hyperweb comme mode de gestion des moteurs de recherche au service des netcitoyens.

2011-06-19

Magie du numérique


En 2D, en 3D, avec coupé-collé, morphogénèse, dossiers cachés, souris intelligente, effets spéciaux, incrustations, hyperliens et algorithmes secrets. Magie toute simple ou très sophistiquée. Magie du XXIe siècle, plus efficace que celle du XXe ou du XIIe, mais toujours aussi primitive.

2011-06-18

Supercomputer


"Elémentaire, mon cher Watson" (Le retour de Sherlock Holmes, un film de 1929).
Watson est aussi le nom du supercomputer de IBM qui est capable de répondre en langage naturel à toutes les questions qu'on lui pose, dès lors qu'elles ne sont pas trop simples (courtes).

2011-06-15

Le numérique est un excitant


Toute connection numérique interactive nous stimule et nous rend hyperactif, sous le signe du pouvoir magique qu'elle nous confère;

2011-06-12

Le kitsch numérique


Inévitablement, du fait de sa généralisation à des milliards d'usagers de toutes cultures qui se mélangent, de sa facilité plastique de création, de sa convergence avec la photographie numérique, de l'investissement imaginaire qui s'y répand, et jusqu'au romantisme et à la sentimentalité qu'il peut susciter, le numérique vire au kitsch. Un mauvais goût, surdécoré, surcoloré, maniéré dans le détail, qui vise l'effet facile, euphorisant, et qu'on retrouve dans le design des pages web, dans les icônes des liens, dans les séries de photos.
Il y a de la mauvaise pâtisserie souvent sur les étalages d'écrans. L'élite s'en méfie en préférant des designs minimalistes, difficiles même à lire. Nous sommes au coeur d'un art de classe moyenne.
Je ne m'en plains pas. Tout en m'en méfiant, je n'exclue pas le kitsch cyberprimitif, parfois efficace pour établir la communication, parfois porteur d'un humour efficace. Faut-il que la pâtisserie respecte les codes esthétiques de Mondrian, du Bauhaus, de l'art minimal ou conceptuel pour être belle et bonne à croquer?

2011-06-11

La "fleur bleue" du romantisme numérique


Le numérique est vif et nerveux, émotif et narcissique. Nous nous y évadons du réel comme dans l'amour et l'angoisse au clair de lune des romantiques. Mystère, merveilleux, onirisme, états d'âme, désirs et anxiétés. Voilà bien les nouvelles "Sehnsucht und blaue Blume", cette nostalgie et cette fleur bleue qui ont fait la marque des poètes romantiques allemands Novalis et Heinrich von Ofterdingen. Comme eux, nous nous réfugions dans un autre monde.
Mais le numérique est à la fois puissant et fragile, technique, matériel et irréel, comme nous-mêmes, les humains qui l'avons inventé et sommes depuis fasciné par lui. Les dérives, les pathologies, les dépendances psychologiques, les chimères et le mysticisme y abondent autant que les rêves de puissance prométhéenne.
Le numérique est ambivalent, comme le dit bien ce mot bizarre de "techno-sentimentalité" dont nous le parons.
* Je reprends ici et j'image le thème d'une conférence que j'ai donnée au Musée de la civilisation de Québec en 2002, publiée par Fides en 2003: "le romantisme numérique.

2011-06-10

Velours et satin cathodiques


Velours et satin numériques. La douceur tactile de l'écran cathodique nous fait glisser doucement du réel dans le virtuel, où tout va mieux. (Ce qui n'est pas difficile, étant donné le monde où nous vivons). Le virtuel voile le réel et nous entraîne dans ses volutes de lumière bleutée. Nous voilà dans l'euphorie d'un beau ciel bleu, naviguant sur un nuage interactif. Les liens nous donnent des ailes. Comment avons-nous pu nous en passer pendant des millénaires? Heureusement que nous avions la religion et la magie des chamans.

2011-06-09

Le numérique est l'opium du peuple


Celui qui tente de vivre dans le monde réel une vie intense, sans illusion, ni amertume, découvre, un jour ou l'autre, l'alternative numérique d'un monde où il peut rêver d'être connu, aimé, célèbre, riche et puissant. D'un clic, d'un seul, il peut y exprimer ses désirs, satisfaire ses espoirs, sans que personne ne s'y oppose, sans effort, avec effet immédiat. Voilà une solution plus séduisante, plus rapide et plus facile que la voie du taoïsme.
Fin de l'anonymat terne et désespérant, de la solitude fade et démobilisatrice, de l'indifférence sans écho. Multipliant les messages, les déclarations, les images, il peut devenir le super héros virtuel qu'il n'ose plus espérer être dans la réalité. Le numérique est le déversoir toujours disponible, comme un tonneau percé des Danaïdes, de tout ce que nous ne parvenons pas à devenir dans le monde social réel. Le numérique jouit du privilège d'être un simulacre social où nous pouvons toujours espérer être aperçu, écouté, entendu, reconnu, remarqué, admiré, et conséquemment efficace enfin dans le monde réel. Personne ne vient contredire ce vain espoir, sauf les statistiques du nombre de visiteurs, qu'on prend pour une vague indication sans réalité. C'est là l'un des ressorts du succès des réseaux sociaux, des 700 millions d'inscrits à ce qu'on aurait dû appeler "Fakebook".
Marx aurait pu dire que le numérique est l'opium du peuple, comme il l'a soutenu à propos de la religion. Les médias sociaux jouent un rôle social compensatoire du plus grand intérêt, désamorçant, par les illusions qu'ils diffusent quotidiennement, toute velléité de révolte, apaisant les frustrations et les souffrances, accueillant les bras ouverts et réconfortant tous ceux qui sont en manque, exactement offrant satisfaction au manque de chacun. Immense entreprise de thérapie sociale gratuite pour le patient, rentable pour les entrepreneurs. Mieux que le Coca Cola et le karaoké.

2011-06-08

L'intimité numérique - Digitale Intimität


Y a-t-il encore un peu d'intimité dans le cyberespace? Je ne le crois pas. Tout est enregistré, retraçable. La webcam se charge avec Google de compléter le parcours complet. Cette transparence du cybermonde qu'on appelle l'information, le panepticon, la transparence, l'objectivité. L'effet pervers des médias sociaux auxquels on se confie dans l'intimité et qui s'étale ensuite sur les écrans. L'erreur de ceux qui croient que leurs courriels demeurent privés grâce à un mot de passe.
Pas d'ombre dans le cybermonde, comme dans la peinture primitive, sauf celle des logiciels véristes. Et pourtant tant d'abîmes insondables sous le surf de l'internaute. Tant de profondeur que les projecteurs des spécialistes éclairent comme en plein jour.

2011-06-06

Simulacre


La réalité du simulacre tient à notre pouvoir d'imagination et à la puissance de la technologie. Étrange paradoxe.

2011-06-05

Echos dans le cybermonde



Y a-t-il de l'écho dans le cybermonde? Oui, beaucoup, à l'excès. Cela s'appelle de la contamination virale.Chaque netcitoyen tente par tous les moyens de créer de l'écho pour ses moindres mots, faits et gestes. Le cyberécho.

2011-06-04

Chamanisme numérique


Le numérique est la sorcellerie du XXIe siècle, en plus efficace que celle des vieux chamans. Quelle y est la part de l'imaginaire ? Et celle de la technique?

2011-06-02

Les mains du cyberartisanat


Le cybermonde est un univers de mains, de mains numériques, qui en sont l'interface, le manipulateur, le programmateur constant. Comme le potier, qui fait monter la terre et la sculpte dans ses mains, le netcitoyen agit manuellement sur le virtuel.Paradoxe de du cyberartisanat.
(Les mains numériques, 2e état)

2011-06-01

La fracture numérique Nord Sud


La fracture numérique se réduit certes, mais il y a encore 75% de citoyens de la planète Terre qui ne sont jamais des netcitoyens, et dans tous pays des groupes sociaux qui n'ont pas les moyens d'y accéder. Si l'accès à l'internet devient un des droits humains fondamentaux, comme le demandent les USA, ce n'est pas sans arrière-pensée politique, car il est vrai que l'internet est encore en quelque sorte un produit de propagande américaine, le nouveau blue-jean, coca-cola ou jazz. Mais c'est surtout un formidable catalyseur de la démocratie, comme on peut l'observer cette année au Moyen-Orient.
Et tous les netcitoyens ne sont pas égaux. Le Nord pèse lourd, uniformément sur un Sud beaucoup plus petit (à l'échelle du pouvoir) et beaucoup plus diversifié. Une fois la planète entièrement connectée, les riches et les puissants pourront y exercer leur domination avec de nouveaux moyens, qui s'ajouteront aux armées, aux banques, aux industries. Le Sud y perd déjà des plumes et subit la colonisation qui s'exerce par l'intermédiaire des grands consortiums de télécommunication des métropoles occidentales.
Nous ne sommes pas prêts de sortir de l'auberge, même numérique!

(peinture acrylique sur toile, don au Museo Nacional de Bellas Artes de Neuquen, Argentine, à l'occasion de mon exposition "El universo financiero" en 2009)