2012-06-29

L'Âge du numérique


Après l’Âge du feu, voici venir l’Âge du numérique, dont l’émergence, la nouveauté radicale, puis l’accélération stupéfiante ont été un choc. Médias, technoscience, écologie, biologie, structures sociales, politique, économie,  éducation, médecine, culture : rien n’y échappe, tant à l’échelle mondiale que dans le détail de nos vies individuelles. Avec le tournant du millénaire, le monde réel a basculé dans le virtuel. L’économie imaginaire a entraîné l’économie réelle avec elle dans une crise mondiale dévastatrice. La bioinformatique déchiffre et manipule audacieusement nos gênes. L’astrophysique n’affiche plus sur nos écrans que des fichiers numériques. La mécanique quantique et les nanotechnologies sont devenues fabulatoires. Les nouvelles générations s’évadent dans les médias sociaux avec le sentiment d’y accéder à une existence plus réelle que ce qu’on appelle encore la réalité. 
Cette opposition entre le monde d’ici-bas que nous dévalorisons et celui d’en haut que nous survalorisons a une histoire, on pourrait dire des hauts et des bas. Le monde animiste, qu’on a appelé « primitif » était d’une seule pièce. Les hommes faisaient partie de la nature dont ils célébraient les esprits. Cette unité a été déchirée par Platon, qui nous voyait ici-bas dans la pénombre d’une caverne, enchaînés par des simulacres et des ombres trompeuses, sans pouvoir nous retourner vers la pure lumière de la vraie réalité qui resplendissait dans le ciel des idées, que seul le sage voyait. Le christianisme a renforcé cette opposition, qualifiant de vallée des douleurs et de péché la terre d’ici-bas et glorifiant la lumière pure de Dieu pour nous inviter à nous tourner vers le ciel. 
Puis, cette curieuse topologie a été inversée par les hommes de la Renaissance qui ont substitué la trilogie de l’humanisme, du rationalisme et du réalisme d’ici-bas à celle du Dieu du ciel incarnant le vrai, le bien et le beau.  Revalorisant la vie terrestre et contestant la théologie de l’Église, on a dénoncé de plus en plus l’obscurantisme du Moyen-âge. La science expérimentale nous libérés de la superstition et s’est affairée à représenter et explorer la réalité matérielle d’ici-bas. 
Mais après avoir bâti pendant cinq siècles, un réalisme qui semblait répondre à nos exigences rationnelles et humanistes, c’est la science elle-même qui a décrédibilisé ce  réalisme si difficilement conquis. Elle n’y croit plus. Elle a abandonné l’observation matérielle et l’instrumentation optique et opté pour la modélisation numérique. Elle s’est rapprochée de l’imaginaire de la science fiction et explore des hypothèses de plus en plus idéelles. Elle s’est dématérialisée et flirte avec les chimères. Avec l’émergence de l’âge du numérique, notre cosmogonie s’inverse encore une fois. Nous revenons à  une sorte d’idéalisme platonicien. Nous dévalorisons  à nouveau la réalité d’ici-bas, ce monde trivial de nos sens, pauvre en informations, qui n’intéresse plus la science, tournée désormais vers l’exploration des complexités invisibles qu’elle modélise numériquement. Nous le dévalorisons aussi parce qu’il nous résiste, nous déçoit et nous frustre dans nos désirs, en comparaison de l’ailleurs numérique des réseaux sociaux où nous avons le sentiment d’accéder à une existence plus reconnue, plus gratifiante, plus réelle. 
Nos sociétés humaines actuelles ont délaissé la métaphore de l’énergie et adopté celle de l’information. Notre science n’interprète plus l’univers avec des concepts thermodynamiques de chaleur et d’énergie, mais avec le code binaire des algorithmes que nous programmons.  L’homme du numérique ne frotte plus deux cailloux pour faire jaillir une étincelle et allumer un feu. Il a en main un silex intelligent dont jaillit l’information. Avec  cet ordinateur miniaturisé, il téléphone, il se connecte à l’internet, gère et joue. En un mot, nous sommes passés de l’âge du feu à l’âge du numérique.
Étions-nous à ce point blasé de la grande épopée de l’énergie, du vent, de l’eau, du feu, du soleil, de l’électricité, du nucléaire ? Comment cette révolution anthropologique a-t-elle pu être tout à la fois si douce, si subite et si puissante ? Notre évolution humaine, une fois de plus, a basculé vers de nouvelles idées, de nouveaux projets, de nouvelles aventures. Nous migrons vers un ailleurs virtuel. L’Âge du numérique met un terme à la crise de la postmodernité et ouvre la voie à une nouvelle aventure de l’humanité, sous le signe de la divergence et de la création, avec les enjeux fabuleux, les excitations et les risques qu’implique cette liberté. Mais ce qui explique le succès quasi immédiat du numérique, c’est qu’il réactive en fait nos mythes les plus archaïques et répond à notre irrépressible fascination pour la pensée magique. 



2012-06-28

Cuba numérique


Pour évoquer les nouvelles possibilités de développement des pays du Sud qu’offrent les industries numériques, je prendrai l’exemple provoquant de Cuba, qui a choisi la divergence politique et est sorti vainqueur de la révolution castriste de 1959 contre le dictateur Batista qui avait fait de l’ile un paradis de casinos, de débauche et de corruption sous domination américaine.  Il est difficile d’ignorer toutes les critiques politiquement vertueuses des démocraties marchandes contre cette petite ile qui s’obstine dans son rêve de société communiste et subit la logique souvent perverse de son choix dans une lutte courageuse et inévitablement dure contre tous ceux qui veulent en finir avec elle. Sa population paye le prix, très cher, de cette voie alternative, mais bénéficie en retour de politiques d’égalité sociale et raciale, de santé publique, d’éducation, et de culture uniques dans les iles des Caraïbes. Parmi de nombreux autres événements internationaux qu’elle organise, le congrès international INFORMATICA  de La Havane accueille tous les deux ans quelques deux mille participants d’une vingtaine de pays, et en particulier, bien sûr de l'Amérique latine. Un câble numérique sous-marin relie désormais l'île au Vénézuéla et donc au web mondial avec beaucoup plus de vitesse et de largeur de bande que ne le permettait le satellite, et cela malgré le blocage obsolète et contreproductif de Cuba qu'imposent encore les États-Unis contre les avis répétés des Nations Unies. 
On le sait, non seulement Cuba démontre envers et contre tout un engagement politique et une conscience aiguë des inégalités qui fracturent notre planète, mais Cuba a bâti aussi une faculté d'informatique très importante et donc une grande expertise digitale - une expertise unique dans les Caraïbes. L'île a développé des services numériques locaux pour soutenir ses priorités en santé publique, éducation et culture, et cela malgré ses ressources financières très limitées. Il y a à Cuba un ministère dédié à l'informatique, ce qui est rare, des entreprises et des institutions telles que Citmatel, fournisseur de services internet et de solutions multimédia (notamment Bazar de Cuba, Soy Cubano pour le commerce électronique, et des produits pour l'enseignement à distance), Desoft pour les logiciels, Cubarte pour la culture, l'ICAIC pour le cinéma, Cedisap pour la santé, Avante, Disaic, Datazucar, Copextel, et beaucoup d'autres qui constituent un pôle de recherche et développement pour la production de technologies, de services et de contenus qui assurent à Cuba une position enviable. En outre, le projet Nova lancé en 2009 par le gouvernement a permis de développer un système opératoire très complet basé sur le logiciel libre, "fait par les Cubains pour les Cubains", qui permet d'échapper au coût des licences Microsoft. D'où cette idée qui semble s'imposer que Cuba prenne l'initiative de concevoir des applications numériques alternatives à celles du Nord pour le développement du Sud. Lorsque nous observons l'inventivité africaine pour créer des services mobiles performants de banque et de micro-payement (Wizzit*, m-pesa, Safaricom), de vérification de l'authenticité des médicaments (mPedigree*), de santé publique, d'éducation, de prévention, d'emploi, etc., nous voyons bien que ce continent, qui compte aujourd'hui sans doute plus de téléphones cellulaires que de prises électriques, est devenu un incontestable incubateur d'applications technologiques mobiles pour les pays émergents. 
Au Brésil, le gouvernement a mis au point un téléphone intelligent pour le recensement de 2011. Cela a permis aux agents des services démographiques d’interviewer directement, sans formulaire écrit,  les citoyens, y compris les analphabètes, en enregistrant sur leur écran les réponses au questionnaire envoyées directement au serveur central pour y être colligées. En outre, ce téléphone a permis de géolocaliser automatiquement tous les répondants, dispersés dans un pays immense, souvent sans cadastre, et ainsi de donner à tous une identité nominale individuelle permettant de les prendre en compte dans les bases de données du registre civil pour les services publics (santé, éducation, subventions d’aide familiale, professionnelle, etc.) 
De même en Inde, le système Aadhaar d’identification individuelle biométrique (photographie numérique de l’iris et de l'empreinte digitale), piloté et financé en partie par un puissant industriel et mécène, Nandan Nilekani, a permis d’attribuer systématiquement au 1,2 milliards d’habitants de ce pays, quels que soient leur âge, leur sexe, leur statut social, leur marginalité rurale, une carte d’identité qui manquait cruellement à beaucoup de personnes démunies – on estime que 400 millions d’Indiens vivent sous le seuil de la pauvreté -, et qui n’avaient pas même d’existence légale enregistrée dans leur pays. Cela a permis à tous d’exister civilement, de voter, d’ouvrir un compte en banque et de demander accès aux services publics qu’ils n’obtenaient éventuellement auparavant que selon le bon vouloir des autorités locales et en échange de pots de vin. L’OCDE a estimé que ce sont ainsi quelques 85% des milliards de dollars versés par l’État qui sont détournés par les fonctionnaires et les chefs de villages!
L’Observatoire français Netexplo des innovations numériques, découvre et prime chaque année de telles initiatives. Et elles sont innombrables, ces innovations en technologies numériques qui pourraient contribuer au développement durable humain, mais aussi économique, social, écologique dans les pays pauvres, etc. Il faudrait seulement qu’une petite partie des milliards de dollars des industries numériques n’aillent pas seulement dans le développement des jeux vidéo, mais aussi dans ce développement numérique alternatif.  Cuba a la pleine capacité de contribuer en première ligne à la création de cet "autre monde possible" dont nous avons tant parlé, dans sa version numérique alternative à celle du capitalisme sauvage des pays riches. Il faut bien sûr espérer d'abord que Cuba rejoindra rapidement les autres pays d'Amérique latine pour la pénétration du téléphone mobile à des prix plus compétitifs qu'aujourd'hui. Et Cuba trouvera certainement de nombreux appuis stratégiques dans ce développement auprès des Nations Unies (coopération Sud-Sud soutenue par l'UNDP), des Fondations et des PME du Nord. La Fédération internationale des Associations de multimédia constitue une plateforme stratégique à cet égard. Cuba devrait désormais compter avec quatre domaines d'excellence exemplaire pour les pays émergents: la santé, l'éducation, la culture et le numérique pour le développement - quatre objectifs qui sont d'ailleurs étroitement liés, car le numérique est devenu une technologie basique pour la santé comme pour l'éducation et la culture. Les besoins et le marché du numérique de développement sont immenses, encore plus stratégiques que ceux des industries capitalistes, et beaucoup plus urgents pour l'humanité qui souffre. Alors que les industries numériques du Nord sont aujourd’hui orientées principalement vers la technoscience, la finance, l’économie, la gestion et le divertissement, nous évoquons donc ici une divergence à peine émergente, mais promise à un  développement futur majeur : celui des applications numériques de développement des pays pauvres. 

2012-06-25

La divergence numérique




IBM a développé un superordinateur, qu’il a appelé Watson, capable, nous dit-on, de répondre en langage naturel à toutes les questions qu'on lui pose. Sans doute Sherlock Holmes, s’il était encore avec nous, aurait réagi selon son habitude :   "Elémentaire, mon cher Watson" (Le retour de Sherlock Holmes, un film de 1929). Le numérique n'était encore en 1969 qu'une affaire de spécialistes, une zone réservée de la recherche militaire la plus secrète. Il s'est étonnamment répandu, banalisé depuis. Près de 30% de l'humanité sera bientôt connecté à l'internet. Depuis 1995, le web s'est répandu comme un tsunami numérique sur la planète. Nous n'étions en 1995 que vingt-six ans après l'exploit d'Apollo 11. Moins que l'espace d'une génération.
C’est  le 2 septembre 1969, qu’est né l’internet. En fait, ce n’était alors encore qu’une communication laborieuse et limitée entre deux ordinateurs reliés par un câble de 4,50 m de longueur, à l’université de Californie de Los Angeles. Puis on a élargi les distances en reliant des ordinateurs situés dans les universités de Stanford, Santa Barbara et l’Utah. On peut en discuter la date, mais il faut souligner le rôle de Licklieder, du MIT, qui eut la vison de l’importance de ces futurs réseaux de communication. On doit citer aussi Leonard Kleinrock, qui théorisa dès 1961 la commutation et la transmission d’informations par
« paquets », Paul Baran et Douglas Engelbart, dont nous allons reparler. Les auteurs sont plusieurs. Ce fut une histoire militaire autant qu’universitaire, comme le rappelle la signification d’Arpanet, créé par la Defense Advanced Research Projects Agency pour assurer la sécurité de ses communications en temps de guerre grâce à un réseau (network) décentré et multipolaire, qui deviendra notamment le MILnet (Military Network).
Voilà 60 ans aussi, que Douglas Engelbart a inventé au Stanford Reearch Institute la fameuse souris dont nous nous servons encore aujourd’hui pour déplacer le curseur sur nos écrans d’ordinateur. C'était un mécano élémentaire dans un boîtier en bois. Il n’en reçut aucun dividende financier, mais le SRI vendit le brevet à Apple qui a donné à ce petit rongeur à queue numérique l’expansion que l’on sait. On attribue aussi généralement à Engelbart le concept d’intelligence collective, dont il a exposé la philosophie dans Augmenting Human Intellect: A Conceptual Framework.
Aujourd’hui, seulement deux générations plus tard, alors que nous comptons plus d’un milliard d’ordinateurs connectées sur la planète à l’internet grâce au Web et au sans fil, et encore beaucoup plus de téléphones intelligents il est bon de rappeler que c’est avec un câble de 4,50 m que tout a commencé. De petites inventions peuvent avoir un impact immense sur toutes nos activités humaines en quelques décades. C’est cela qui caractérise l’évolution de notre espèce, avec l’accélération que nous expérimentons à l’époque actuelle.
Les technologies numériques nous permettent de développer de nouveaux paradigmes, ceux de la nature, de la vie, de l’intelligence et de la mémoire artificielles. Nous passons de la domination de la biosphère à des utopies numériques de conception humaine. Je ne suis certes pas de ceux qui proposent de généraliser la loi de Moore (la puissance, la mémoire et la vitesse de nos ordinateurs doublent tous les dix-huit mois) à l’évolution humaine. Mais le numérique prend manifestement la place la Nature aussi bien que de Dieu dans notre conception de l’avenir.
Devons-nous pour autant mettre une majuscule au numérique et en faire une nouvelle religion, comme plusieurs gourous actuels ? Dieu nous garde de toute religion et de leurs faux prophètes, même s’ils sont reconnus et célébrés à l’envi. Les êtres humains faibles d’esprit ont toujours tendance à renoncer à leur liberté de pensée et à leur dignité, pour s’en remettre à une intelligence supérieure, qu’elle soit naturelle, divine, ou aujourd’hui numérique et s’y soumettre. 
Cela tient sans doute au fait que le numérique acquiert à un rythme exponentiel un pouvoir instrumental d'interprétation et de transformation de l’univers, qui est totalement inédit. Nous sommes passé de la chasse et de la cueillette à l'agro-industriel, de l'exploitation des ressources naturelles à la modélisation numérique, du naturel à l'artificiel, de l'idée d’adaptation à celle de la divergence. Nous nous rendons réellement, selon l'expression si connue de Descartes, "maîtres et possesseurs" de la nature. C'est là véritablement une nouvelle révolution copernicienne.

2012-06-24

Philosophe twitteur


L'école de la philosophie est interrogative avant de prétendre construire un système théorique. L’évidence dominante n’est que ce répète tout le monde. Le visionnaire n’est pas celui qui déjante, mais s’interroge sur ces évidences et sait poser les bonnes questions. Toute réflexion, qu’elle porte sur le passé, le présent ou sur une vision du futur,  donc toute école de pensée devrait être interrogative, avant de construire. Mais c’est à partir des grands penseurs classiques que se construit une philosophie de l’Âge du numérique.  Mes trois philosophes préférés sont Confucius pour l’éthique, Spinoza pour le matérialisme et Nietzsche pour la démystification de la pensée. Ils sont tous trois allés jusqu’au bout de leur questionnement, sans peur ni conformisme, quoi qu’il leur en ait coûté à tous trois dans leur vie personnelle et sociale.
Philosophe twitteur? Pourquoi pas. Une question ramassée en quelques mots peut être d'une plus grande puissance de questionnement qu'un traité de cent pages. Cet observatoire philosophique du numérique pratique plus le questionnement que le compte-rendu. L'observation n'exclue pas le questionnement!

2012-06-23

l'obsession numérique


Le numérique n'est qu'une boîte à outils. Pourquoi est-il devenu une telle obsession, une telle drogue? Pourquoi en sommes-nous si dépendants, non seulement pour les utilités, mais psychiquement? C'est la volonté d'exister qui nous mène, qui mène le monde. Nous ne lâchons plus le téléphone portable qui s'est enraciné dans la paume de notre main. Le numérique nous donne l'incroyable illusion d'exister partout et sans cesse pour les autres. Et nous attisons sans cesse aussi ces liens, comme le feu de l'existence, comme un souffle de vie.

2012-06-21

Crise de l'économie imaginaire



La crise économique actuelle, essentiellement d'origine financière, née de la déréglementation et des abus de la spéculation, c'est celle de l'économie imaginaire, qui a eu un impact dévastateur sur l'économie réelle. Elle doit beaucoup à la digitalisation électronique des bourses, à la planétarisation immédiate de l'information financière, au ludisme de l'informatique et à l'engouement pour une monnaie dématérialisée.
Pour remédier à la crise actuelle - et cela prendra du temps -, c'est à l'économie imaginaire qu'il faut s'attaquer, en la régulant. Elle a perdu le sens du réel. Aujourd'hui, à force de voler dans l'apesanteur ludique des grands jeux financiers, elle a reçu du plomb dans l'aile, mais cela ne suffit pas. Il faut l'attacher au sol.

2012-06-16

Une première mondiale



Notes de laboratoire d’Hervé Fischer, sur une première mondiale, juin 2012
Compte tenu de  ma surprise et de mon scepticisme devant cette première mondiale, je reprends et poursuis ici mon questionnement.


Photographie numérique N°1
Le 12 juin 2012, je crois avoir eu le bonheur de photographier une âme dans mon accélérateur mental. La photographie est ici affichée sur mon écran au 1/1 000 000e.



Avant tout, je dois évidemment m’interroger sur cette apparition dans le rectangle de mon écran cathodique. S’agit-il d’une captation réelle ou d’une image mémorisée dans le serveur du laboratoire, apparue suite à une corruption de mon logiciel. Je me dois de la considérer avec prudence et même scepticisme. Une confusion de fichiers avec ceux des laboratoires d’embryologie ou de bactériologie, ou même avec ceux de l’Observatoire s’astronomie, ne doit pas être exclu sans vérification rigoureuse.
En outre, il n'y a plus de frontière crédible entre photographie numérique et image synthétique. Les fichiers numériques de la caméra et ceux de l'ordinateur sont de même nature informatique et deviennent mixables et interchangeables. La question se pose alors; qu'est-ce qui demeure vrai? Qu'est-ce qui demeure crédible? Qu'est-ce qui demeure réel? Une captation numérique est une image. Une image scientifique est une modélisation de captations instrumentée de fréquences réelles, une image de synthèse est générée non seulement par un ordinateur, mais aussi par nos concepts et notre imagination humaine, qui sont bien réels.
Cela étant, je m’interroge sur la bigarrure chromatique de ce spécimen et sur son apparente structure en mappemonde. Elle soulève d’innombrables questions. Seules d’autres photographies du même spécimen ou, si possible, d’autres âmes, pourront nous permettre de préciser nos hypothèses.


Photographie numérique N°2,
 
Je m'interroge sur cette photographie, affichée sur mon écran cathodique le 14 juin 2012. Les couleurs reflètent-elles celles de l'âme réelle que j'ai captée au 1/1 000 000e dans mon accélérateur mental? Ou sont-elles de fausses couleurs déterminées par le logiciel que j'ai utilisé? La redondance de sa paroi circulaire indique-t-elle un mouvement de rotation de l'âme sur elle-même? Ou une épaisseur de plusieurs couches de la membrane extérieure? La structure polynucléique visible en tâches bleutées et points dispersés suggère-t-elle une matière granuleuse ? Un processus de reproduction? Nous pouvons nous interroger aussi sur l'existence d'un axe orthogonal croisé, légèrement incliné, avec un équateur visible. Le nom d'espèce que je lui ai attribué, en la qualifiant d'âme monothéiste pour la distinguer du type polythéiste détecté hier, est-il légitime? Ne seraient-ce pas divers états de la même espèce d'âme, que je ne devrais pas distinguer en termes opposés, comme me l'a suggéré la bigarrure du spécimen capté précédemment ?
On note en effet la persistance de la structure résiduelle des acides polynucléiques, qui donne à penser que le monothéisme maintient autour de Dieu une présence familiale, comme dans la mythologie grecoromaine autour de Zeus/Jupiter (Vénus, des fils et filles, des dieux, demi-dieux et héros, de la Pythie, des Gorgones et notamment de Méduse, qu'on retrouve dans le catholicisme sous les figures de la Vierge Marie, du Christ fils de Dieu, du Saint-Esprit, des anges et archanges, des Saints, Saintes et Bienheureux, et même du Diable et des démons pour régner sur les enfers.
La littérature scientifique disponible dans le domaine demeure muette sur ces questions. Autant d'hypothèses que seules d'autres photographies improbables d'âmes vivantes permettront peut-être de préciser.
Et mon père, qui était professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris, directeur du laboratoire de malacologie, spécialiste des mollusques invertébrés et notamment des moules et des patelles, n'est plus là pour m'aider dans la caractérisation et l'identification de ces spécimens.

Photographie numérique (2)

Je m'interroge sur cette photographie, affichée sur mon écran cathodique. Les couleurs reflètent-elles celles de l'âme réelle que j'ai captée au 1/1 000 000e dans mon accélérateur mental? Ou sont-elles de fausses couleurs déterminées par le logiciel que j'ai utilisé? La redondance de sa paroi circulaire indique-t-elle un mouvement de rotation de l'âme sur elle-même? Ou une épaisseur de plusieurs couches de la membrane extérieure? La structure polynucléique visible en tâches bleutées et points dispersés suggère-t-elle une matière granuleuse ? Un processus de reproduction? Nous pouvons nous interroger aussi sur l'existence d'un axe orthogonal croisé, légèrement incliné, avec un équateur visible. Le nom d'espèce que je lui ai attribué, en la qualifiant d'âme monothéiste pour la distinguer du type polythéiste détecté hier, est-il légitime? Ne seraient-ce pas divers états de la même espèce d'âme, que je ne devrais pas distinguer en termes opposés, comme me l'a suggéré la bigarrure du spécimen capté précédemment ? Cette même structure polynucléique que j'évoquais ne résulte-t-elle pas d'une structure polythéiste résiduelle qui serait encore présente dans une âme monothéiste? La littérature scientifique disponible dans le domaine demeure muette sur ces questions. Autant d'hypoyhèses que seules d'autres photographies improbables d'âmes vivantes permettront peut-être de préciser.
Et mon père, qui était professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris, directeur du laboratoire de malacologie, spécialiste des mollusques invertébrés et notamment des moules et des patelles, n'est plus là pour m'aider dans la caractérisation et l'identification de ces spécimens.

2012-06-15

Photographie numérique


J'affirme avoir photographié une âme dans un accélérateur mental. La photographie est ici affichée sur mon écran au 1/1 000 000e. L'âme ainsi affichée présente une structure évidente de mappemonde qui me questionne sur sa nature.
Il n'y a plus de frontière crédible entre photographie numérique et image synthétique. Les fichiers numériques de la caméra et ceux de l'ordinateur sont de même nature informatique et deviennent mixables et interchangeables. La question se pose alors; qu'est-ce qui demeure vrai? Qu'est-ce qui demeure crédible? Qu'est-ce qui demeure réel? Une captation numérique est une image. Une image scientifique est une modélisation de captations instrumentée de fréquences réelles, une image de synthèse est générée non seulement par un ordinateur, mais aussi par nos concepts et notre imagination humaine, qui sont bien réels.

2012-06-12

Políticas del click: nexos entre tecnología, comunicación y poder,

Table ronde avec Ignacio Ramonet sur le thème Políticas del click: nexos entre tecnología, comunicación y poder, animée par Victor Fowler. Festival du nouveau cinéma latino-américain, La Havane décembre 2011.
Políticas del click: Ignacio Ramonet, Hervé Fischer y Víctor Fowler dialogan sobre cine y nuevas tecnologías
Por: Alcides Pereda
Foto: Fernando Valdés Echevarría
Dónde se encuentre la dominación, también se encuentra la resistencia. Así inauguró Víctor Fowler la mesa debate: Políticas del click: nexos entre tecnología, comunicación y poder, que tuvo lugar en el Salón de Mayo del capitalino Pabellón Cuba. En diálogo con los invitados Ignacio Ramonet y Hervé Fischer, Fowler deslizó algunas provocaciones encaminadas a que sus acompañantes abordaran temas cuyo interés no es nuevo, sino que datan del siglo XIX cuando la humanidad creyó que la conjunción vida más tecnología iba a liberarla de sus ataduras.
Ramonet, uno de los intelectuales más importantes del movimiento antiglobalización, discursó acerca de la dificultad que presupone un tema como este por la generalidad del mismo, y propuso centrar el asunto en torno a las problemáticas más completas. Cuando una tecnología cambia radicalmente, este cambio no será solo cultural, sino antropológico. El mundo de hoy no recuerda el cambio que presupuso la imprenta, la cual, con su capacidad de alcance y transmisión, conllevó a la multiplicación de universidades y estudiantes, y por ende, al fin de una élite depositaria de la criptación del saber.
El intelectual francés, director de la versión en español de Le monde diplomatique,explicó además cómo el cambio de comportamiento social transformó la economía con el surgimiento de nuevos oficios y la desaparición de otros. Situación que inevitablemente fue condicionando un consumo cultural que llega hasta nuestros días. No en vano el ser humano se comunica hoy mediante cuatro signos visibles: la voz, la imagen, la escritura y el internet.
Consciente de que la tecnología perturba el paisaje comunicacional, Fischer hizo énfasis en la teoría de Guy Debord sobre la sociedad del espectáculo; la cual ya cree superada con lo que él denominala sociedad de la pantalla. Según el fundador del arte sociológico,la realidad hoy día es un espectáculo, no vale mucho, pues lo virtual y lo desmaterializado son los elementos que acercan al hombre contemporáneo a su felicidad. Este ser se siente un ciudadano virtual por la interconectividad que otorga un click. La noción de este, alimenta la fantasía de que somos seres humanos conectados por intereses comunes. Basta pensar solamente en el ejemplo de que la marca Coca Cola tiene 26 millones de amigos en su perfil de Facebook, la red social más popular del planeta; lo que crea un dilema sobre una web que pretende ser participativa, y que propone además olvidar una postura política, importante y definitiva ante la pretendida transparencia del mundo digital.
Al finalizar sus intervenciones, los panelistas compartieron las preguntas e inquietudes del público, que gravitaron en torno a una especulación de cuál sería el futuro del hombre en un mundo cada más condicionado por la tecnología.

2012-06-11

Malevitch QR


Du suprématisme du peintre Malevitch en 1915 au code-barre Quick Response d'aujourd'hui, que s'est-il passé? Avons-nous changé de planète ? Non. Mais de civilisation: oui. Et plus encore. Nous sommes entrés dans l'âge du numérique. 

2012-06-06

Enfin la montre TWITTER


Et voilà enfin la montre Twitter, qui vous permet constamment et simultanément de savoir l'heure et recevoir tous les tweets de ceux que vous suivez. Vous ne manquerez plus les info en temps réel qui vous permettent de penser et d'agir sans cesse à bon escient. La montre Twitter - ou montre tweet, comme on dit désormais - est dotée du système Bluetooth et les tweets s'affichent donc aussi sur votre téléphone mobile, qui demeure d'un usage plus facile pour répondre ou envoyer vous-même des tweets urgents. Il existe plusieurs modèles, pour le travail, pour le loisir, pour les soirées, et aussi pour la plongée soumarine, garantie jusqu'à cent mètres de profondeur.